JE SUIS le Maha Chohan. Dans ce chapitre, nous examinerons la question : Qu’est-ce que le Saint-Esprit, l’Esprit Un, le Fleuve de Vie ?
Vous connaissez l’enseignement que nous avons donné [voir Le Pouvoir du soi ], selon lequel le Créateur a d’abord manifesté un vide en se retirant dans une singularité, puis en se projetant hors de lui-même dans une première sphère. Après l’ascension de cette première sphère, celle-ci a servi comme fondement pour créer la seconde, et ainsi de suite jusqu’à la sphère dans laquelle vous vivez, celle où se trouve l’univers matériel. Ce qu’il vous faut comprendre ici, c’est que Dieu n’a pas créé le monde de forme tout seul.
Le Créateur n’est pas un Créateur tout-puissant et distant qui crée le monde de forme de l’extérieur. La création est un processus en deux étapes : d’abord, le Créateur Un crée des extensions individuelles et conscientes de soi, les envoie dans la sphère, et ensuite, celles-ci cocréent le monde de forme de l’intérieur, formant avec le Créateur un flux en forme de huit.
Ainsi, nous constatons que ces extensions du Créateur conscientes de soi créent, en substance, de la même manière que le Créateur lui-même. Car qu’est-ce que le Créateur crée précisément lorsqu’il crée une extension de lui-même ? Qu’est-ce que le Créateur ?
Comment l’Esprit crée
Le Créateur est Esprit. Comment l’Esprit crée-t-il ? Vous avez été conditionnés – pour diverses raisons qu’il n’est pas nécessaire d’aborder ici – à considérer ce processus du point de vue de l’univers matériel et à percevoir celui-ci comme séparé de l’Esprit. Vous conservez en vous l’image subtile que Dieu est Esprit, mais que Dieu a créé un monde de forme qui n’est pas Esprit, un monde séparé de l’Esprit.
Ceci est tout à fait inexact et contre-productif pour votre développement spirituel. Nous, les maîtres ascensionnés, comprenons parfaitement qu’il existe différents niveaux de conscience, et que certains niveaux vous empêchent d’appréhender la vérité que je vais vous révéler. Nous comprenons donc que certaines personnes ont besoin de s’accrocher à l’idée que la matière et l’Esprit sont séparés. C’est en effet la seule façon pour elles de vivre l’expérience qu’elles désirent en tant qu’être séparés et déconnectés. Bien sûr, la loi du libre arbitre doit pouvoir s’exercer pleinement, afin qu’elles puissent vivre cette expérience jusqu’à ce qu’elles en aient assez.
Pourtant, la vérité plus profonde que je souhaite révéler à ceux qui sont prêts, à ceux qui ont des oreilles pour entendre et des yeux pour voir, c’est que l’Esprit ne peut pas créer ce qui est séparé de lui-même. L’Esprit ne peut pas créer ce qui n’est pas Esprit. Alors, comment l’Esprit crée-t-il ? En créant un esprit.
Le Créateur lui-même est au-delà de la forme, car on ne peut concevoir la forme que de l’intérieur du monde de forme. Pourtant, pour créer le monde de forme, le Créateur ne crée pas une forme séparée de lui-même. Le Créateur, qui est Esprit, ne peut créer une forme que d’une seule manière : en créant un esprit, un esprit créé en deux phases distinctes.
Tout d’abord, le Créateur doit concevoir une matrice, une forme, une figure géométrique, ce que Saint-Germain appelle un symbole. Ensuite, il laisse le flux de son Être, de sa conscience et de son Esprit couler dans cette matrice. Celle-ci s’anime alors de l’Esprit du Créateur et devient ainsi un esprit doté d’une forme distincte. Cet esprit a désormais pour mission de maintenir cette forme.
Esprits et conscience de soi
Or, lorsque l’on observe la vie du point de vue matériel, on a l’habitude de penser en termes de matière inanimée et de formes vivantes. On peut comparer cela – avec une certaine marge de manœuvre pour ne pas prendre les choses au pied de la lettre – à l’œuvre du Créateur. Le Créateur crée des formes inanimées soutenues par un esprit doté de conscience, mais dépourvu de conscience de soi. Ensuite, le Créateur crée des cocréateurs, qui possèdent eux aussi une forme et qui, par conséquent, ont également commencé comme une matrice dans l’esprit du Créateur, dotée par l’Esprit, doté d’une portion de l’Esprit si concentrée, si intense qu’elle leur confère la conscience de soi. Ainsi, nous avons des esprits dotés de conscience, mais dépourvus de conscience de soi, et des esprits dotés de conscience de soi.
Ainsi, une distinction fondamentale apparaît. Un esprit « inanimé », pour ainsi dire, ne peut pas transcender la matrice fondamentale qui a présidé à sa création. Il ne peut pas se transcender consciemment et délibérément pour se recréer ou se redéfinir. Cela ne signifie pas pour autant que l’esprit est incapable d’évoluer ; il peut évoluer au sens où vous l’entendez dans la nature. Il peut évoluer dans les limites fixées par sa matrice originelle, c’est-à-dire s’imprégner davantage de cette matrice. Il peut accumuler de l’énergie, voire de la conscience, et ainsi gagner en puissance et en sophistication. Mais il ne peut pas se transformer délibérément et consciemment.
En un sens, il ne peut pas engendrer quelque chose de nouveau de manière révolutionnaire ou transcendante. Pourtant, un Esprit « animé » conscient de soi, un cocréateur, possède bel et bien la capacité de prendre du recul, de s’observer et de décider de devenir autre chose que ce qu’il est actuellement. Et par conséquent, il peut se recréer et se transcender.
Cela signifie quelque chose de profond. L’Esprit cocréateur possède la même capacité que le Créateur : celle de formuler une matrice dans son esprit et d’y diriger le flux de sa conscience. Ainsi, un Esprit cocréateur peut créer une forme, une forme nouvelle et inédite. L’esprit inanimé, quant à lui, est incapable d’envisager ou d’imaginer quoi que ce soit au-delà de sa propre matrice. Il possède suffisamment de conscience pour savoir qu’il existe, qu’il souhaite survivre et croître en rassemblant davantage d’énergie et de conscience ; il peut même s’étendre au sein de la matrice qui le définit.
Un Esprit cocréateur peut concevoir, imaginer, une nouvelle matrice. Mais bien sûr, sa capacité de conception est limitée, et ces limites sont fixées par la matrice qui le définit. Ainsi, l’évolution, la croissance, d’un Esprit cocréateur se déroule en deux phases. La première consiste à se concentrer sur la création de formes, et la seconde à comprendre que pour créer des formes totalement inédites, il est nécessaire de se recréer soi-même.
Se recréer en tant qu’Esprit
Ceci rejoint l’enseignement que nous avons donné concernant les 144 niveaux de conscience possibles sur Terre [voir Le Pouvoir de Soi] . Nous avons expliqué que lorsqu’un nouveau courants de vie – ce que j’appelle un Esprit cocréateur – s’incarne pour la première fois sur Terre, il débute au niveau 48 de conscience. Ce courant de vie suit ensuite le processus que nous décrivons comme le chemin des sept voiles, au cours duquel il découvre et développe ses capacités cocréatrices grâce aux sept rayons spirituels, ce qui lui permet d’atteindre le niveau 96 de conscience.
C’est la phase où vous explorez vos capacités cocréatrices, votre aptitude à créer des formes. Ce faisant, vous développez également votre conscience de soi, mais le plus souvent inconsciemment. Votre conscience de soi, votre sens du soi, s’élargit grâce à vos expériences d’interaction avec l’univers matériel, par la cocréation : vous formulez une matrice dans votre esprit, vous l’animez par la conscience, vous la diffusez, vous la projetez, puis vous observez comment la lumière Mater prend la forme de l’image.
Mais il arrive un moment, au niveau 96, où il est absolument essentiel, pour progresser au-delà, de prendre du recul, de vous observer et de parvenir à une prise de conscience fondamentale. Jusqu’à présent, vous avez cocréé et accompli exactement ce que vous étiez destinés à faire. Vous avez cocréé dans le cadre défini par la matrice originelle, établie par vos parents spirituels et inscrite dans votre Présence JE SUIS. Il est maintenant temps d’harmoniser pleinement votre esprit avec cette matrice, mais aussi de comprendre que la prochaine étape de votre chemin consiste à l’étendre et à la recréer consciemment et délibérément. Car c’est là le véritable sens du chemin de la christité.
Un Soi prêt à ascensionner
Je dispense cet enseignement car, de nos jours, nombreuses sont les personnes qui ont déjà traversé ces phases d’apprentissage de l’utilisation de leurs capacités cocréatrices sur les sept rayons. Elles l’ont fait dans des vies antérieures et ont ainsi accumulé un élan considérable, un élan cocréateur, sur les sept rayons. Vous le voyez, notre objectif est de vous proposer une série de livres – un par Chohan – afin de faciliter le processus par lequel les cocréateurs peuvent apprendre à utiliser – consciemment et délibérément – les qualités des sept rayons.
L’un des objectifs de cette série est d’aider les cocréateurs à progresser du niveau 48 au niveau 96 de conscience. Un autre est d’aider ceux qui sont descendus en dessous du niveau 48 à remonter et à reprendre le chemin là où ils l’avaient interrompu, afin d’atteindre plus rapidement le niveau 96.
Mais si je présente cet enseignement en premier, c’est précisément parce que je souhaite m’assurer que ceux qui, dans des vies antérieures, ont exploré les sept rayons puissent suivre les enseignements des Chohans, mais à un niveau supérieur à celui de ceux qui se situent encore en dessous du niveau 96 de conscience. Vous pourrez alors comprendre que votre but n’est pas seulement de cocréer à travers les sept rayons, mais aussi de cocréer la matrice qui définit votre « Soi », votre sens du soi, afin d’agir de manière consciente et délibérée ; non pas en vous concentrant sur la création de formes, mais sur la création d’un Soi prêt à ascensionner.
Mais avant votre ascension, vous êtes prêts à vous exprimer dans le monde matériel non pas en cherchant à créer des formes ou des expériences spécifiques pour vous-mêmes, mais en visant à élever la conscience – la conscience de l’ensemble, la conscience collective – en interpellant les esprits qui la composent. La manière dont les esprits constituent précisément cette conscience collective fera l’objet de mon prochain discours.
Copyright 2012 Kim Michaels
© Noël Wan pour la traduction française, 11/12/2025